L’adoption en première lecture, le 10 septembre 2026, du projet de loi par le Congrès espagnol visant à octroyer la nationalité aux Sahraouis nés sous colonisation espagnole avant 1977 a ouvert une véritable boîte de Pandore. Ce projet de naturalisation de masse, désormais suspendu suite à la dissolution surprise du Parlement espagnol en octobre 2026, révèle d’inquiétantes failles sécuritaires en rapport avec la présentation par les postulants de documents falsifiés et de faux liens de filiation paternelle.

En fait, le texte espagnol comporte une ambiguïté juridique relative à l’authentification des pièces justificatives issues des camps de Tindouf en Algérie, utilisées par les candidats Sahraouis dans le cadre des démarches administratives en vue de leur naturalisation, ainsi que celle de leurs descendants nés au Sahara sous administration espagnole.

Dans ce contexte, des officines spécialisées se sont déployées dans la conception de « justificatifs de filiation paternelle » sur mesure pour des personnes n’ayant aucun lien historique avec le Sahara. Une pratique qui ne date pas d’aujourd’hui, mais qui refait surface et avec acuité suite à l’annonce du projet espagnol.

L’alerte a été tout récemment donnée, en ce début du mois d’octobre, par «l’Unité Centrale des Réseaux d’Immigration Illégale et des Falsifications Documentaires – UCRIF», un organisme policier espagnol rattaché à la Police Nationale Espagnole, qui, dans une circulaire, soupçonne des actions frauduleuses de la part de Sahraouis des camps de Tindouf pour l’obtention de droits et avantages sociaux espagnols.

L’initiative de cet organisme espagnol, qui soulève la problématique de contrôler l’authenticité et la validité des documents justificatifs présentés par les candidats Sahraouis, révèle une prise de conscience des autorités espagnoles quant au danger découlant du recours par les Sahraouis aux fraudes à la filiation.

Ces pratiques pour l’obtention d’une naturalisation facilitée, rappellent le démantèlement par la police nationale espagnole de réseaux criminels qui monnayaient jusqu’à 12.000 euros la fabrication de fausses identités sahraouies pour régulariser des migrants clandestins. De nombreux jeunes sahéliens maîtrisant notamment la langue Hassanie (au Mali – Mauritanie – Niger) restent tentés par l’intégration de ces circuits de fraude documentaire.

La dissolution du Parlement espagnol en octobre 2026 et la convocation de nouvelles élections au mois de novembre de la même année ont enterré le projet de loi en question, désormais juridiquement caduc. Mais la vigilance reste de rigueur. La nationalité ne peut être un produit de spéculation migratoire et l’état civil reste le premier rempart contre les réseaux criminels.